La Faculté de Médecine de l'Université Saint François d’Assise d’Haïti (USFAH) a organisé, le vendredi 22 mai 2026, la soutenance de mémoire de Aldgina Alriche, Loovensky Cazeau, Wilensda Sherwee Charles, Jhon Jonathan Chery, Taniisha Ketnare Horacius, Wilston Issalem, Espelanta Jean ainsi que Sutcliph Julie Odige, en vue de l’obtention du grade de Docteur en Médecine. Leur travail de recherche portait sur les "Aspects épidémiologiques et cliniques de l’hémorragie du post-partum dans le service de maternité de l’Hôpital Sainte-Thérèse de Hinche du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025".
Cette soutenance de mémoire s’est déroulée en présence du Président du Conseil de l’Université, Monsieur Yma Descollines, des deux vice-doyens, le Dr Dorvilien Joseph et le Dr Jean Louis Martin, de la doyenne de la Faculté de Médecine, le Dr Grétta Lataillade Roy, ainsi que des parents et proches des impétrants. L’hémorragie du post-partum (HPP) constitue une urgence obstétricale majeure et demeure, à l’échelle mondiale, la première cause directe de mortalité maternelle. Sa prise en charge représente un défi considérable, particulièrement dans les systèmes de santé à ressources limitées où l’insuffisance des plateaux techniques, les ruptures de médicaments essentiels ainsi que le déficit de personnel qualifié aggravent les retards diagnostiques et thérapeutiques.
Selon les impétrants, l’hémorragie du post-partum représente environ 27 % des décès maternels dans le monde, d’après les données de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans la région Amérique latine et Caraïbe, les hémorragies obstétricales figurent également parmi les principales causes de décès maternels directs. Haïti présente toutefois une situation particulièrement préoccupante, avec l’un des ratios de mortalité maternelle les plus élevés de la région, estimé à plus de 350 décès pour 100 000 naissances vivantes selon l’EMMUS VI. Afin de contribuer à l’amélioration de cette problématique, ces jeunes médecins de la promotion Dr Grétta Lataillade Roy 2016-2023 ont formulé plusieurs recommandations articulées autour de six axes stratégiques et destinées à quatre niveaux décisionnels : la direction de l’Hôpital Sainte-Thérèse de Hinche et le service de gynécologie-obstétrique, le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), les partenaires techniques et financiers du système de santé haïtien ainsi que la communauté scientifique pour l’orientation des recherches futures. Parmi les principales recommandations figurent : la standardisation et l’amélioration des pratiques cliniques,
le renforcement des capacités institutionnelles et des ressources,
la formation continue et le développement des compétences,
la prévention et la réduction des «trois retards» ainsi qu’un plaidoyer pour le renforcement du système de santé national.
Après avoir soutenu avec brio leur mémoire et reçu les félicitations du jury, les impétrants ont obtenu des notes comprises entre 90 et 94. Ils sont désormais aptes à intégrer le secteur médical haïtien.

